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- Cas d'allergie cutanée chez un chat

Prurit Cervico Facial (PCF) d'origine allergique

non lié aux puces et non lié à l'alimentation chez un chat

Intérêt de la recherche d'allergène par tests cutanés et de la désensibilisation

(à propos d'un cas) :

 

Commémoratifs :

Soit le chat Loki, né au printemps 2015, de race ragdoll, vivant en appartement et présentant un prurit important de la tête avec des lésions majeures de la peau depuis sa première année.

Il a été régulièrement traité avec différents produits (cortisone, cyclosporine... ) pour diminuer les démangeaisons avec des résultats variables, soit du fait d'un traitement trop court, soit du fait d'intolérances au médicament.

Le traitement anti puce n'est pas effectué à la fréquence nécessaire.

Une alimentation maison à base de colin et de riz a été prescrite sans amélioration de l'état général.

Le port d'une colerette (aussi appelé carcan) a été prescrit afin de limiter les conséquences du grattage.

 

Examen dermatologique initial :

En novembre 2017, Loki est amené à la clinique pour la première fois.

Voici l'aspect de Loki lors de cette consultation :

 

 

 

 

Un prurit très intense est présent, le moindre effleurement de la tête provoque chez Loki une furieuse envie de se gratter au sang.

L'examen clinique montre principalement une atteinte des lobes auriculaires avec une extension au front, ainsi qu'une lésion sur un doigt de la patte antérieure et sur un coude.

Loki étant très patient, plusieurs examens complémentaires sont réalisables dès cette première consultation :

- 1 Scotch test qui permet d'exclure une prolifération bactérienne

- 1 raclage cutané (avec plusieurs lieux de prélèvements) qui permet d'exclure une origine parasitaire de type démodécie en paticulier.

- l'examen direct des poils ainsi qu'un examen à la lampe de wood fait écarter une mycose

- l'examen des conduits auditifs ne montre aucune atteinte auriculaire pouvant expliquer le prurit.

- par ailleurs son examen général est tout à fait normal.

 

Au vu des commémoratifs ainsi que de l'examen clinique et dermatologique, un premier diagnostic de PCF d'origine allergique est posé, il est précisé au propriétaire qu'il est impératif de réaliser un traitement anti puces selon les règles médicales pendant plusieurs mois avant d'exclure une allergie aux piqures de puces.

Traitement mis en place ce premier jour :

- Antipuce en pipette (Bravecto ND), une application tous les 3 mois.

- Cortisone en application locale (Cortavance ND) par tamponnement.

- anti histaminique en phytothérapie (Securiderm ND).

- il est décidé de garder l'usage de la collerette.

 

Suivi du traitement :

Lors de la visite de contrôle 3 semaines plus tard, une nette amélioration a eu lieu :

                                                     

Une biopsie cutanée est réalisée, le résultat confirme une dermatite d'origine allergique.

Ce même jour sont posés des protège griffes en plastique afin d'éviter le port de la collerette.

Mi janvier, les démangeaisons ont repris et les lésions cutanées sont réapparues, il est nécessaire de reprendre la cortisone à 4mg/kg par jour en deux prises.

 

 

Début avril 2018, les lésions cutanées sont en très nette régression (photo ci contre)

et le prurit a presque entièrement disparu.

Il est tenté de diminuer la dose de cortisone afin de sevrer progressivement Loki.

En mai 2018, les lésions cutanées ont entièrement disparu.

 

 

 

 

 

Automne 2018, au vu de l'observance du traitement anti puces, du respect des traitements et du respect de l'alimentation avec un aliment destiné aux troubles cutanés du chat et de la persistance d'un prurit dès que nous tentons l'arrêt de la cortisone, la conclusion s'impose, Loki a une allergie non liée aux puces et non liée à l'alimentation ce qui veut dire qu'il existe dans son environnement une ou plusieurs sources d'allergie responsables de son état cutané.

Il va falloir arriver à arrêter tout traitement à base de cortisone pendant au moins 3 mois afin d'envisager la réalisation de tests cutanés de recherche d'allergènes en vu d'une désensibilisation.

 

 

Il est évident que les démangeaisons vont certainement reprendre mais le propriétaire est motivé et, en février 2019, l'arrêt de la cortisone par voie orale est décidé. Afin d'essayer de limiter les lésions cutanées, un traitement topique de Cortavance ND (seule cortsione possible du fait de l'absence de diffusion dans l'organisme) ainsi que l'usage de topiques phytothérapiques enrichis en oméga3 sont prévus durant cette période.

La photo ci contre a été prise en mars 2019.

 

 

 

 

Fin avril 2019 les tests cutanés sont réalisés sous anesthésie générale (photo ci contre).

Les résultats donnent des réactions allergiques supérieurs au seuil positif aux

aéroallergènes suivants :

- des acariens  présents dans l'environnement : Acarus siro et Lepidoglyphus destructor

- pollens des oliviers.

et une réaction (inférieure au seuil positif mais présente) aux puces.

La décision de réaliser la désensibilisation de Loki est prise.

Du fait du prurit la cortisone par voie orale est reprise dès le lendemain des tests cutanés à la dose de 4mg/kg/j en deux prises.

En mai 2019, la dose est diminuée à 2mg/kg/j en une prise puis à 1mg/k/j un mois plus tard..

En aout 2019, la peau étant parfaite, nous tentons de passer à la dose de 1mg/kg tous les 2 jours.

 

En ce mois de novembre 2019 :

 

 

Voici 6 mois que la désensibilisation est réalisée, Loki ne   se gratte plus, la peau est parfaite, c'est la première fois depuis 3 ans qu'il ne prend de la cortisone qu'un jour sur deux à une dose faible et cela depuis deux mois sans aucune démangeaison.

Il est décidé de tenter de passer à une dose de cortisone de 1mg/kg tous les 3 jours pendant 20 jours puis une fois par semaine avant de prendre la décision de l'arrêter.

 

 

 

Discussion :

Le PCF est une maladie dermatologique fréquente chez le chat , son diagnostic est simple, la détermination de la cause et la gestion des signes cliniques sont bien plus compliquées et nécessitent beaucoup de patience de la part du propriétaire, du chat et, aussi, du vétérinaire.

Plusieurs facteurs sont responsables des PCF :

les puces, responsables principales, une mycose (champignon), une infection bactérienne, une parasitose (démodécie en particulier), une allergie alimentaire, une pathologie touchant l'oreille (otacariase, tumeur... ).

Lorsque les causes ci-dessus ont été éliminées, il peut être posé le diagnostic d'allergie non liée aux puces et non liée à l'alimentation, appellation actuelle de ce qui est appelé allergie aux aéroallergènes (ou dermatite atopique) chez le chien.

 

A ce jour, les tests cutanés de recherche d'allergènes chez le chat sont peu utilisés et la désensibilisation est très peu réalisée par manque de publications et d'essais cliniques, les vétérinaires spécialistes en dermatologie étant divisés à leur sujet.

 

Certes, le cas de Loki est unique à ce jour chez Telo'Vet, seuls les mois et années à venir pourront confirmer l'intérêt et l'efficacité de la désensibilisation dans ce cas, il est évident (au vu de notre pratique de la désensibilisation chez le chien) que des rechutes auront certainement lieu mais force est de constater que les vies de Loki et de son propriétaire se sont nettement améiorées.

 

La clinique Telo'Vet remercie Loki pour sa patience et remercie son propriétaire d'avoir accepté que les photos de Loki soient publiées.